
Voyage
Les Seychelles font partie de ma vie depuis longtemps. J’y suis venu pour la première fois avec ma famille en 2011. Nous sommes immédiatement tombés amoureux de l’archipel et particulièrement de La Digue — une île où nous sommes retournés pendant les trois années suivantes, créant au fil du temps plusieurs amitiés. En 2019, j’y suis revenu pour mon premier voyage seul. Six ans plus tard, pour ma sixième visite, j’y suis retourné avec mon père comme cadeau de Noël. Cette fois-ci, le voyage ressemblait moins à la découverte d’un endroit qu’au retour vers un lieu que je connaissais déjà.
Je donne rarement des noms à mes photographies, mais celle-ci s’appelle Silhouettes. Lors de notre première soirée à Mahé, deux enfants jouaient dans l’eau alors que la lumière disparaissait. Derrière eux, presque parfaitement alignée avec leurs silhouettes, se trouvait l’île de Silhouette. Parfois, un titre s’impose simplement de lui-même.
Le lendemain matin, nous nous sommes réveillés avant le lever du soleil et sommes montés dans les hauteurs de Mahé pour observer les premières lueurs atteindre l’île. Plus tard dans la journée, il était temps de retourner à La Digue.
La Digue est la troisième île la plus peuplée des Seychelles, mais seulement environ 3 400 personnes y vivent. Après un court vol depuis Mahé suivi d’un trajet en bateau, nous étions de retour sur une île devenue profondément familière au fil des années. Parmi les personnes que nous étions venus revoir se trouvait Unels, un biologiste qui étudie depuis des années les espèces rares et endémiques de l’île. Autour de la petite maison d’hôtes qu’il a entièrement construite lui-même, presque tout ce dont il a besoin pousse directement sur son terrain : vanille, fruits de la passion, herbes aromatiques et arbres fruitiers. Une fois par semaine, il part pêcher avec son fils. Le riz, m’a-t-il expliqué, est pratiquement la seule chose qu’il ne produit pas lui-même.
Même la piscine près de la maison d’hôtes est alimentée naturellement par une source qui traverse le terrain. Tout près, Unels a aménagé un petit bassin réservé aux oiseaux — un endroit qu’il savait régulièrement fréquenté par l’un des habitants les plus rares de La Digue.
La Veuve des Seychelles, ou Seychelles paradise flycatcher, est une espèce que l’on retrouve naturellement uniquement aux Seychelles et qui est depuis longtemps étroitement associée à La Digue. Unels étudiait l’espèce depuis des années et savait qu’un couple venait parfois se rafraîchir dans le petit bassin près de chez lui. J’ai donc attendu. J’ai passé une grande partie de l’après-midi à observer les arbres et l’eau en espérant les voir apparaître. Lorsqu’ils sont finalement arrivés, je n’ai eu que quelques instants pour les photographier alors qu’ils plongeaient à tour de rôle dans le bassin. Le mâle était presque noir, avec de profonds reflets bleutés et une queue extraordinairement longue. La femelle, plus claire et brune, se déplaçait tout aussi rapidement. Ça reste l’une de mes expériences de photographie animalière les plus mémorables.
Une autre visite familière était l’atelier de Tony. Il sculpte chacune de ses pièces entièrement à la main et les vend depuis sa petite boutique de souvenirs à La Digue. Se promener dans son atelier, entouré de bois, d’outils et de sculptures encore inachevées, était très différent des boutiques de souvenirs plus conventionnelles. Chaque objet portait les traces du travail d’une seule personne. Plus tard, nous sommes restés pour manger et discuter — exactement le genre de moment simple qui avait fait de La Digue un endroit si familier pour nous au fil des années.
Entre les visites, nous retournions vers les parties plus tranquilles de l’île — en suivant les sentiers vers des plages plus difficiles d’accès et souvent presque complètement désertes.
Nous avons terminé le voyage avec Bibiane, au bord de la mer. Comme plusieurs des personnes que nous avons appris à connaître à La Digue, elle vit en lien étroit avec le terrain qui l’entoure, faisant pousser ses propres fruits à seulement quelques mètres de la plage. Après six voyages aux Seychelles, les paysages restent extraordinaires. Mais ils ne sont plus la seule raison pour laquelle j’y retourne. Ce qui rend La Digue différente aujourd’hui, ce sont les personnes qui y sont liées — les amitiés, les visages familiers et cette impression de revenir dans un endroit qui, avec le temps, est devenu une partie de ma propre histoire.

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