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Maroc

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Maroc

28 JANV 2026 — 06 FÉVR 2026

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UN DÉPART IMPROVISÉ

Le Maroc n'était pas vraiment prévu. Un ami avait une escale de 48 heures à Casablanca et j'ai décidé de le suivre presque sur un coup de tête.

J'avais toujours été curieux de découvrir ce pays, autant pour sa culture et ses habitants que pour les paysages qui se trouvent au-delà des villes.

Notre première soirée nous a menés dans les ruelles de l'ancienne médina de Casablanca, puis vers l'immense mosquée face à l'Atlantique.

Le lendemain, nous avons exploré la capitale, entre ruines anciennes, rues colorées et marchés animés. Près du port, des enfants sautaient dans l'eau, sans vraiment se soucier de ce qui les entourait.

Ce premier aperçu du Maroc était court, mais suffisant pour me donner envie d'en découvrir davantage.

SEUL SUR LA ROUTE

Pendant que mon ami rentrait à Montréal, j'ai continué vers Marrakech. Je n'avais pas vraiment de plan, à part passer une nuit dans la ville avant de m'enfoncer dans les montagnes.

J'ai passé la journée à parcourir la médina, photographiant les commerçants, l'architecture et tout ce qui attirait mon attention.

Il y avait du mouvement partout, et chaque détour semblait mener à une nouvelle rue bondée.

Le lendemain matin, je suis arrivé dans un jardin dès son ouverture. Pendant quelques instants, j'avais l'endroit presque entièrement pour moi.

Après l'agitation de la veille, ce calme faisait particulièrement du bien. J'ai pris le temps de parcourir les jardins et d'admirer l'architecture avant l'arrivée des visiteurs.

Il était ensuite temps de retrouver mon chauffeur. Se retrouver au milieu de centaines de personnes, alors que la seule information qu'il avait était mon nom, s'est avéré plus compliqué que prévu.

VERS L'ATLAS

À mesure que nous avancions vers les montagnes, les villes laissaient progressivement place aux petits villages et aux grandes vallées.

Nous nous sommes arrêtés au bord de la route, face à un village berbère, où un ami de mon chauffeur avait installé une machine à café dans le coffre de sa voiture. Un café routier plutôt original.

En arrivant à Imlil, j'ai tout de suite été impressionné par l'ampleur des montagnes entourant la vallée. Hassan m'a accueilli chez lui et m'a présenté un ami qui allait m'accompagner pendant les deux jours suivants.

Nous sommes partis après un petit déjeuner traditionnel, sous un ciel dégagé et dans l'air frais des montagnes. Rapidement, les sentiers sont devenus difficiles à suivre, disparaissant parfois complètement sous la neige ou longeant des versants particulièrement escarpés.

Vers midi, nous avons atteint notre premier col, avec un tout nouveau paysage qui s'ouvrait de l'autre côté.

DE L'AUTRE CÔTÉ DU COL

En descendant vers le village où nous allions passer la nuit, les bâtiments rouges sont progressivement apparus sous les montagnes enneigées. Le contraste était impressionnant, avec le Toubkal qui dominait la vallée au loin.

Certains villages environnants portaient encore les traces d'un récent tremblement de terre. Un rappel que la vie dans ces montagnes pouvait être difficile, bien au-delà des défis de la randonnée.

Ce soir-là, je suis monté au-dessus du village pour observer le coucher de soleil. Deux jeunes garçons sont venus me rejoindre, curieux de mon appareil photo, mais peu à l'aise à l'idée de se faire photographier. Leur père s'occupait de son troupeau un peu plus bas.

Malgré la barrière de la langue, nous avons passé un long moment ensemble. Leur père a fini par nous rejoindre et nous avons regardé tous les quatre les dernières lumières disparaître sur la vallée.

Après leur avoir donné quelques bonbons, les enfants m'ont raccompagné à la maison où je dormais, courant devant moi à travers les petits chemins du village.

PLUS DE NEIGE QUE PRÉVU

Le lendemain, nous sommes repartis plus profondément dans les montagnes, en direction du camp de base du Toubkal.

Derrière le refuge, nous avons suivi un canyon rempli de neige, marchant le long d'une rivière gelée jusqu'à une cascade qui disparaissait directement sous le manteau neigeux.

J'étais venu au Maroc en février dans l'espoir de trouver un peu de chaleur. Finalement, j'ai passé une bonne partie de la journée à marcher dans une neige qui m'arrivait parfois jusqu'aux hanches.

Sur le chemin du retour, la météo a commencé à se dégrader. Le vent se levait, le ciel devenait gris et les montagnes prenaient une tout autre allure.

Nous avons finalement atteint notre dernier col, à 2 900 mètres d'altitude. Tout en bas de la vallée, on apercevait Imlil.

Après deux jours dans les montagnes, il était temps de redescendre avant que le mauvais temps ne s'installe.

RETOUR À L'ATLANTIQUE

Le lendemain matin, j'ai laissé les montagnes derrière moi pour prendre la direction de la côte.

En arrivant à Essaouira, tout semblait différent. L'air froid des montagnes avait laissé place au vent humide et salin venant de l'Atlantique.

J'ai passé mes derniers jours à parcourir les ruelles de la médina, les anciennes fortifications et le port de pêche, où des rangées de petits bateaux bleus remplissaient les quais.

Une semaine plus tôt, j'étais arrivé au Maroc sans vraiment avoir de plan. En quelques jours, je suis passé des villes bondées aux villages isolés des montagnes, de la neige profonde à la côte atlantique.

J'avais à peine le temps de réaliser tout ce que je venais de découvrir. Deux jours plus tard, je repartais déjà vers le Guatemala.

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